L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une SARL à associé unique, parfaitement adaptée aux entrepreneurs solo qui souhaitent bénéficier de la responsabilité limitée tout en conservant le statut de travailleur non salarié (TNS). En 2025, l'EURL représente environ 12 % des créations de sociétés en France. Ce guide détaille les obligations comptables spécifiques de l'EURL, les régimes fiscaux applicables et les bonnes pratiques de gestion.
L'EURL se distingue de la micro-entreprise par la possibilité de déduire les charges réelles, d'amortir les investissements et de choisir entre l'IR et l'IS. Elle se distingue de la SASU par le statut social du gérant (TNS vs assimilé salarié) et par le traitement fiscal des dividendes. Comprendre ces différences est essentiel pour choisir le statut le plus adapté. Pour comparer les options, utilisez notre comparateur de statuts juridiques.
Par défaut, l'EURL dont l'associé unique est une personne physique est soumise à l'IR dans la catégorie des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou des BNC (bénéfices non commerciaux) selon la nature de l'activité. Le bénéfice est imposé directement au nom de l'associé unique au barème progressif de l'IR. L'EURL à l'IR peut opter pour le régime micro-fiscal si le chiffre d'affaires ne dépasse pas les seuils du régime micro (188 700 € pour les ventes, 77 700 € pour les services).
En régime réel (simplifié ou normal), l'EURL doit tenir une comptabilité complète et déposer une liasse fiscale (formulaire 2031 pour les BIC, 2035 pour les BNC). Le bénéfice imposé est le bénéfice net comptable, après déduction de toutes les charges réelles (achats, salaires, loyers, amortissements, cotisations sociales du gérant, etc.).
En régime micro, l'EURL bénéficie de l'abattement forfaitaire (71 % pour les ventes, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC) et est dispensée de comptabilité commerciale. Elle doit simplement tenir un livre des recettes et un registre des achats (pour les activités de vente).
À retenir : L'EURL à l'IR au régime réel permet de déduire les charges réelles et d'amortir les investissements, ce qui est souvent plus avantageux que le régime micro lorsque les charges dépassent l'abattement forfaitaire.
L'EURL peut opter pour l'IS (article 206-3 du CGI). Cette option est irrévocable (sauf pendant les 5 premiers exercices, où elle est révocable une seule fois). À l'IS, le bénéfice de l'EURL est imposé au taux de 15 % sur les 42 500 premiers euros (taux réduit PME) et à 25 % au-delà. Le gérant se rémunère via une rémunération déductible du bénéfice imposable et/ou via des dividendes.
Le choix entre IR et IS dépend du niveau de bénéfice, du taux marginal d'imposition du gérant et de la stratégie de rémunération. Pour les bénéfices modérés (inférieurs à 30 000 €), l'IR est souvent plus avantageux. Pour les bénéfices élevés (supérieurs à 50 000 €), l'IS permet de plafonner l'imposition à 25 % et de moduler la rémunération.
Oui, si > 10 % du capital + CCA + primes d'émission
Régime micro possible
Oui (si CA < seuils)
Non
Liasse fiscale
2031 (BIC) ou 2035 (BNC)
2065 + 2033 ou 2050-2059
Note sur le PFU 2026 : depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les dividendes s'élève à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux), conformément à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 qui a relevé les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %.
L'EURL au régime réel simplifié (CA < 840 000 € pour les ventes, < 254 000 € pour les services) bénéficie d'allègements comptables. Elle peut tenir une comptabilité de trésorerie en cours d'exercice et ne constater les créances et les dettes qu'à la clôture. La liasse fiscale est simplifiée (formulaires 2033-A à 2033-G pour les BIC à l'IS, ou 2031 pour les BIC à l'IR).
Les amortissements sont calculés linéairement ou dégressivement selon la nature des biens. Les provisions pour dépréciation des créances douteuses, pour risques et pour charges doivent être constituées lorsque les conditions sont réunies (risque probable et montant estimable). Les écritures d'inventaire (charges à payer, produits à recevoir, charges constatées d'avance, produits constatés d'avance) doivent être enregistrées à la clôture.
L'EURL au régime réel normal (CA dépassant les seuils du régime simplifié) doit tenir une comptabilité d'engagement tout au long de l'exercice. La liasse fiscale est plus détaillée (formulaires 2050 à 2059). Les déclarations de TVA sont mensuelles (CA3) au lieu de la déclaration annuelle (CA12) du régime simplifié.
L'EURL au régime micro est dispensée de comptabilité commerciale. Elle doit simplement tenir un livre des recettes (enregistrement chronologique des encaissements avec mention de l'origine, du montant et du mode de règlement) et un registre des achats (pour les activités de vente). La déclaration se fait sur la déclaration de revenus du gérant (formulaire 2042-C PRO).
Le gérant associé unique de l'EURL est travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Les cotisations sociales sont calculées sur le revenu professionnel net (bénéfice imposable + cotisations sociales de l'année, après déduction de la CSG déductible).
Cotisation
Taux 2026 (approximatif)
Assiette
Maladie-maternité
0 % à 6,5 % (progressif)
Totalité du revenu
Indemnités journalières
0,85 %
Revenu plafonné à 5 PASS
Retraite de base
17,75 %
Jusqu'à 1 PASS (46 368 €)
Retraite complémentaire
7 % puis 8 %
2 tranches
Invalidité-décès
1,3 %
Jusqu'à 1 PASS
Allocations familiales
0 % à 3,1 % (progressif)
Totalité du revenu
CSG-CRDS
9,7 % (dont 6,8 % déductible)
Revenu + cotisations sociales
Formation professionnelle
0,25 %
1 PASS
En première et deuxième année d'activité, les cotisations sont calculées sur une base forfaitaire provisoire (environ 20 % du PASS, soit environ 9 270 € en 2026). La régularisation intervient l'année suivante lorsque le revenu réel est connu. Cette régularisation peut entraîner un complément à payer important si le revenu réel est supérieur à la base forfaitaire.
L'EURL doit déposer ses comptes annuels au greffe du tribunal de commerce dans le mois suivant l'approbation par l'associé unique. Depuis l'ordonnance n° 2015-900 du 23 juillet 2015, l'associé unique d'une EURL dont le gérant est l'associé unique est dispensé de l'obligation de dépôt du rapport de gestion (article L. 232-22 du Code de commerce).
L'EURL qui remplit les critères de micro-entreprise au sens comptable (total bilan < 450 000 €, CA < 900 000 €, < 10 salariés) peut demander la confidentialité totale de ses comptes annuels lors du dépôt. Les petites EURL (total bilan < 7 M€, CA < 14 M€, < 50 salariés) peuvent demander la confidentialité du seul compte de résultat.
Oui. L'EURL peut embaucher un nombre illimité de salariés. Les obligations sociales (bulletins de paie, DSN, cotisations patronales) sont les mêmes que pour toute entreprise. Le gérant TNS et les salariés relèvent de régimes sociaux différents.
L'EURL doit-elle nommer un commissaire aux comptes ?#
Non, sauf si elle dépasse 2 des 3 seuils (bilan > 5 M€, CA > 10 M€, > 50 salariés), ce qui est extrêmement rare pour une EURL.
Oui, la transformation est très simple : il suffit de céder une ou plusieurs parts à un nouvel associé et de modifier les statuts en conséquence. L'EURL devient automatiquement une SARL multi-associés. L'inverse est également vrai : si une SARL ne compte plus qu'un seul associé (suite à une cession de parts), elle devient une EURL.
L'EURL offre un cadre juridique protecteur et une flexibilité fiscale (choix IR/IS, régime micro possible) qui en font un choix pertinent pour l'entrepreneur solo. Les obligations comptables varient selon le régime fiscal choisi, mais restent accessibles avec l'accompagnement d'un expert-comptable.
Un article pratique chaque jour, un point complet chaque mois : échéances, nouveautés fiscales et conseils de pilotage — par un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables.
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