Guide Création
Créer une SASU en 10 étapes
Créer une SASU se déroule en dix étapes : cadrer le projet et son objet social, rédiger les statuts, déposer le capital social sur un compte dédié pour obtenir l'attestation de dépôt des fonds, évaluer d'éventuels apports en nature, publier une annonce légale, constituer le dossier, déclarer les bénéficiaires effectifs, déposer la demande d'immatriculation sur le guichet unique de l'INPI, obtenir l'extrait K-bis et le SIREN/SIRET, puis débloquer le capital et ouvrir la comptabilité. Ce guide détaille chaque étape, les pièces à réunir et les pièges classiques, pour avancer sereinement de l'idée à l'immatriculation.
La réponse en une minute
La SASU — société par actions simplifiée unipersonnelle — est une SAS qui ne compte qu'un seul associé. Sa création obéit à une logique simple : on commence par poser les fondations juridiques (objet social, statuts), on apporte le capital, on rend la naissance de la société publique (annonce légale), puis on dépose le dossier complet pour l'immatriculer. Depuis 2023, ce dépôt se fait exclusivement en ligne, sur le guichet unique de l'INPI.
Trois caractéristiques en font une forme prisée des créateurs solo : le capital social est libre (1 € suffit en théorie), le président est assimilé salarié (protection proche du salariat, hors chômage), et la société est à l'impôt sur les sociétés par défaut, avec une option possible pour l'impôt sur le revenu durant cinq exercices au plus. Le reste de ce guide déroule le parcours, étape par étape.
Ce qu'est une SASU et ce qui la distingue
Juridiquement, la SASU est une société par actions simplifiée à associé unique. Elle emprunte l'essentiel de son régime à la SAS, en le simplifiant : une seule personne détient la totalité du capital et exerce les pouvoirs normalement répartis entre les associés. La responsabilité de cet associé unique est limitée à son apport, ce qui protège en principe son patrimoine personnel des dettes de la société.
Sur le plan social, le président de SASU est assimilé salarié : dès lors qu'il perçoit une rémunération au titre de son mandat, il cotise au régime général et bénéficie d'une couverture proche de celle d'un salarié, sauf l'assurance chômage. Sur le plan fiscal, la SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés par défaut, avec une option temporaire possible pour l'impôt sur le revenu, limitée à cinq exercices. Ces deux paramètres — protection sociale et fiscalité — pèsent lourd dans le choix de la forme.
Ce guide se concentre sur la création. Si vous hésitez encore entre plusieurs formes juridiques, prenez le temps de comparer les régimes social et fiscal avant de vous lancer : c'est l'objet de notre guide Comment choisir son statut juridique.
Étape 1 — Cadrer le projet et l'objet social
Tout commence par la définition précise de l'activité. L'objet social est la description, dans les statuts, de ce que la société est autorisée à faire. Il doit être suffisamment large pour couvrir vos projets futurs, mais suffisamment clair pour ne pas créer d'ambiguïté. Un objet social mal rédigé peut bloquer une activité connexe ou compliquer une opération bancaire : c'est une brique structurante, pas une formalité.
À ce stade, on arrête aussi les choix fondateurs qui irrigueront tout le reste : dénomination sociale, adresse du siège, montant du capital, date de clôture de l'exercice, régime fiscal (impôt sur les sociétés par défaut, ou option pour l'impôt sur le revenu). Ces décisions méritent réflexion, car certaines sont coûteuses à modifier ensuite.
Étape 2 — Rédiger les statuts
Les statuts sont l'acte fondateur de la société : ils en fixent les règles de fonctionnement. Pour une SASU, ils précisent notamment la dénomination, l'objet social, le siège, le montant et la répartition du capital, l'identité du président et l'étendue de ses pouvoirs, les modalités de prise de décision de l'associé unique et les règles de cession des actions.
La SAS — et donc la SASU — se caractérise par une grande liberté statutaire. C'est un atout, mais aussi un piège : un modèle générique téléchargé à la hâte peut omettre des clauses utiles ou en intégrer d'inadaptées. Les statuts doivent être datés et signés par l'associé unique. Ils ne pourront être déposés qu'une fois le capital versé et l'attestation de dépôt obtenue (voir l'étape suivante).
Étapes 3 et 4 — Déposer le capital et évaluer les apports
Le capital social est constitué des apports de l'associé unique. Il peut s'agir d'apports en numéraire (de l'argent) ou en nature (un bien : matériel, fonds de commerce, véhicule). Les apports en numéraire doivent être déposés sur un compte dédié — auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des Dépôts et Consignations. Le dépositaire délivre en retour une attestation de dépôt des fonds, pièce indispensable du dossier d'immatriculation.
Lorsque la société reçoit des apports en nature, leur évaluation demande de la rigueur. Un commissaire aux apports doit être désigné si la valeur d'un apport en nature dépasse 30 000 €, ou si la valeur totale des apports en nature excède la moitié du capital social. En deçà de ces deux seuils, l'associé unique peut évaluer lui-même les apports, mais il en assume alors la responsabilité.
| Situation | Commissaire aux apports |
|---|---|
| Apports uniquement en numéraire (argent) | Non requis |
| Apport en nature inférieur à 30 000 € et ≤ 50 % du capital | Facultatif (sous la responsabilité de l’associé) |
| Un apport en nature supérieur à 30 000 € | Obligatoire |
| Total des apports en nature supérieur à 50 % du capital | Obligatoire |
Étape 5 — Publier l'annonce légale
La création d'une société doit être rendue publique. Cela passe par la publication d'une annonce légale dans un support habilité — un journal d'annonces légales (JAL) ou un service de presse en ligne habilité du département du siège social. L'annonce reprend les informations essentielles : dénomination, forme (SASU), capital, siège, objet, identité du président, durée de la société.
À l'issue de la publication, le support délivre une attestation de parution. Cette attestation rejoint le dossier d'immatriculation. Le coût de l'annonce est forfaitaire pour les sociétés et varie selon le département : c'est une dépense obligatoire à anticiper dans le budget de création.
Étapes 6 et 7 — Constituer le dossier et déclarer les bénéficiaires
Une fois les briques précédentes posées, on rassemble le dossier d'immatriculation. Pour une SASU, il comprend en règle générale : les statuts signés, l'attestation de dépôt des fonds, un justificatif de siège social (bail, attestation de domiciliation, justificatif de propriété), la déclaration de non-condamnation et de filiation du président, l'attestation de parution de l'annonce légale, et une pièce d'identité du président.
Vient ensuite une formalité essentielle, parfois oubliée : la déclaration des bénéficiaires effectifs. Le bénéficiaire effectif est la personne physique qui contrôle réellement la société. En SASU, c'est le plus souvent l'associé unique lui-même. Cette déclaration s'effectue lors de l'immatriculation, sur le guichet unique : son absence bloque le dossier.
| Pièce du dossier | Rôle |
|---|---|
| Statuts signés | Acte fondateur définissant le fonctionnement de la société |
| Attestation de dépôt des fonds | Preuve du versement du capital sur un compte dédié |
| Justificatif de siège social | Bail, attestation de domiciliation ou titre de propriété |
| Déclaration de non-condamnation du président | Atteste l'absence d'interdiction de gérer |
| Attestation de parution | Preuve de la publication de l'annonce légale |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | Identifie la personne qui contrôle réellement la société |
Étapes 8 à 10 — Immatriculer via le guichet unique
Le dépôt de la demande d'immatriculation s'effectue désormais sur un seul portail. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, le guichet unique de l'INPI (formalités.entreprises.gouv.fr) est le point d'entrée unique de toutes les formalités d'entreprise. On y crée un compte, on saisit les informations de la société, on téléverse les pièces du dossier et on déclare les bénéficiaires effectifs. Le guichet transmet ensuite le dossier aux organismes compétents.
Si le dossier est complet et conforme, la société est immatriculée et reçoit son extrait K-bis — la carte d'identité officielle de l'entreprise — ainsi que son numéro SIREN (identifiant de la société) et son SIRET (identifiant de l'établissement). À partir de là, la société existe juridiquement et peut agir en son nom.
Reste l'étape finale, souvent négligée mais déterminante : la mise en route opérationnelle. Le K-bis permet de débloquer le capital déposé (les fonds deviennent disponibles sur le compte professionnel), de souscrire les assurances nécessaires à l'activité, et d'ouvrir la comptabilité. C'est aussi le bon moment pour mettre en place le suivi de gestion, sans attendre la première clôture.
Le parcours complet, étape par étape
Récapitulons l'ensemble du chemin. Chaque étape conditionne la suivante : on ne peut déposer le dossier sans capital déposé, ni publier l'annonce sans statuts signés. Suivre l'ordre évite les allers-retours et accélère l'immatriculation.
- 11
Cadrer le projet et l'objet social
Définir l'activité, la dénomination, le siège, le capital, la date de clôture et le régime fiscal. - 22
Rédiger les statuts
Fixer les règles de la société et les pouvoirs du président, puis dater et signer l'acte. - 33
Déposer le capital social
Verser les apports en numéraire sur un compte dédié (banque, notaire ou Caisse des Dépôts) et obtenir l'attestation de dépôt des fonds. - 44
Évaluer les apports en nature
Désigner un commissaire aux apports si un apport dépasse 30 000 € ou si le total des apports en nature excède la moitié du capital. - 55
Publier l'annonce légale
Faire paraître l'annonce dans un support habilité du département du siège et récupérer l'attestation de parution. - 66
Constituer le dossier
Réunir statuts signés, attestation de dépôt, justificatif de siège, déclaration de non-condamnation et attestation de parution. - 77
Déclarer les bénéficiaires effectifs
Identifier la personne qui contrôle réellement la société — en SASU, le plus souvent l'associé unique. - 88
Immatriculer sur le guichet unique de l'INPI
Déposer la demande en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr, point d'entrée unique depuis le 1ᵉʳ janvier 2023. - 99
Obtenir le K-bis et le SIREN/SIRET
Recevoir l'extrait K-bis et les numéros d'identification : la société existe juridiquement. - 1010
Débloquer le capital et ouvrir la comptabilité
Libérer les fonds, souscrire les assurances et mettre en place le suivi comptable et le pilotage.
Côté délais, le parcours est moins long qu'on ne le croit lorsque les pièces sont prêtes. Les étapes préparatoires (statuts, dépôt du capital, annonce légale) prennent quelques jours à organiser ; le traitement de la demande d'immatriculation s'étend ensuite de quelques jours à deux ou trois semaines selon la complétude du dossier.
Questions fréquentes
Quelles sont les étapes pour créer une SASU ?+
Créer une SASU suit dix étapes : cadrer le projet et l'objet social, rédiger les statuts, déposer le capital social sur un compte dédié (banque, notaire ou Caisse des Dépôts) pour obtenir l'attestation de dépôt des fonds, évaluer d'éventuels apports en nature, publier une annonce légale, constituer le dossier complet, déclarer les bénéficiaires effectifs, déposer la demande d'immatriculation sur le guichet unique de l'INPI, obtenir l'extrait K-bis et le SIREN/SIRET, puis débloquer le capital et ouvrir la comptabilité. Comptez de quelques jours à deux ou trois semaines selon les pièces. À confirmer avec votre expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables selon votre situation.
Quel capital social minimum faut-il pour une SASU ?+
Le capital social d'une SASU est libre : la loi n'impose aucun montant minimum, ce qui rend possible une constitution avec 1 € en pratique. Un capital symbolique reste toutefois rarement opportun : il pèse sur la crédibilité auprès des banques et des partenaires, et limite la trésorerie de départ. Le capital peut être libéré partiellement à la constitution, le solde devant être versé dans les délais prévus par les statuts.
Faut-il un commissaire aux apports pour une SASU ?+
Un commissaire aux apports devient obligatoire lorsque la SASU reçoit des apports en nature et que l'une des conditions suivantes est remplie : la valeur d'un apport en nature dépasse 30 000 €, ou la valeur totale des apports en nature excède la moitié du capital social. En dessous de ces seuils, l'associé unique peut décider d'évaluer lui-même les apports, sous sa responsabilité. Un apport uniquement en numéraire (en argent) n'est pas concerné.
Où immatriculer une SASU depuis 2023 ?+
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les formalités de création d'entreprise passent par le guichet unique électronique de l'INPI, accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr. Ce portail remplace les anciens centres de formalités des entreprises. La demande d'immatriculation, le dépôt des pièces et la déclaration des bénéficiaires effectifs s'y effectuent en ligne, puis le dossier est transmis aux organismes compétents (greffe, Insee, administration fiscale).
Le président de SASU est-il salarié ?+
Le président de SASU est assimilé salarié : lorsqu'il est rémunéré, il relève du régime général de la sécurité sociale et bénéficie d'une protection proche de celle d'un salarié, à l'exception notable de l'assurance chômage. Il n'a pas de contrat de travail au titre de son mandat. S'il ne se verse aucune rémunération, il ne génère pas de cotisations sur ce mandat : la couverture sociale doit alors être assurée par ailleurs.
Combien de temps faut-il pour créer une SASU ?+
Le délai dépend surtout de la disponibilité des pièces. Une fois les statuts signés, le capital déposé et l'annonce légale parue, le traitement de la demande d'immatriculation prend généralement de quelques jours à deux ou trois semaines. Un dossier complet et sans erreur accélère nettement la délivrance de l'extrait K-bis et l'attribution du SIREN/SIRET.
Pour aller plus loin
Lancer votre SASU sur des bases solides
Kontab est un cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables, spécialiste du pilotage des TPE/PME en métropole comme dans les DOM. Nous sécurisons vos statuts, cadrons votre capital et votre fiscalité, et vous accompagnons jusqu'à l'immatriculation puis l'ouverture de votre comptabilité — à confirmer selon votre situation.